20 oct. 2009

Inde- Goa J3- Rencontre de deux Mondes

Depart matinal pour la plage aujourd'hui, a pieds cette fois.
Steph est coince du dos et bebe a un mechant rhume mais cette petite excursion ne peut que leur faire du bien!





A peine arrives au bas du chemin Lola et Sonia nous sautent dessus.

Elles nous dirigent vers leur hutte, un peu en retrait de la plage, nous font gentiment asseoir sur des chaises en plastique de recup' et deballent leurs tresors.

Elles nous montrent TOUS leurs bijoux que Maya machonne consciencieusement l'un apres l'autre pour se retrouver la bouche maculee de colorant.





Apres avoir selectionne quelques pieces, je laisse Steph marchander et vais me ballader alentours.

Je rencontre Sara qui porte Nikita, 8 mois comme Maya, sur la hanche.



Sara a 2 autres enfants, de 2 ans et 4 ans qui s'occupent de leur cote. Elle ne sait pas trop ou ils sont mais elle les retrouvera ce soir...
Elle emmene Nikita partout car elle l'allaite encore. Elle fait le menage dans un hotel, Nikita sur la hanche.
Le matin tot et le soir elle vend ses bijoux sur la plage pendant que son mari pecheur est en mer la journee puis "au bar" le soir ou il se saoule avec les collegues.
Elle dit ca comme ca, naturellement et sans amertume.



On a le syndrome Gros Touriste Americain a cote de Sara et de son bebe.
Je me sens gauche, trop blanche, trop grande, trop accessoirisee, Maya trop joufflue, trop surprotegee, trop couvee... trop tout face a la simplicite que degagent ces deux belles Indiennes.
Chez elles, on sent que tout est essentiel, aucune place au superflue.
Moi qui rejette le consumerisme et passe pour une hippie attardee a Dubai, je me sens si superficielle et materialiste sur cette plage, la en cet instant!
Mais ca ne dure qu'un moment car Nikita me sourit.
Ses yeux sont soulignes de khol pour les proteger des infections et autres "malchances qui arrivent aux yeux", elle a de la pate noire sur la joue pour la protection en general et 2 bracelets en caoutchouc comme grigris.
Elle porte des boucles d'oreille car chez les hindouistes la coutume est de percer les oreilles de la nouvelle nee dans le mois suivant sa naissance afin que s'il lui arrive malheur, l'enfant trouve le chemin de Dieu. C'est l'occasion d'un rite majeur qui reconcilie les deux parties de la famille. La grand mere du bebe, cote maternel, est celle qui dirige la ceremonie car c'est elle qui est le plus fachee avec le gendre et sa famille depuis le jour du mariage ou elle a du lui donner sa propre fille et la dot. C'est un rituel encore tres en vigueur en Inde et au Sri Lanka.

Nikita est tellement belle avec ses yeux si serieux et ce sourire genereux comme un soleil.



Steph nous rejoint, Sara lui sort son discours de vente comme par automatisme.
On les quitte pour continuer notre ballade.
La plage, le village, et Goyam and Goyam qui nous accueille encore aujourd'hui, nous menent a la fin de la journee.







Le soir, on boit un verre au resto du lodge ou j'ecris, ou Steph lit et ou Maya papote avec tous ceux qui veulent bien s'interesser a elle.

2 commentaires:

fofie a dit…

mmmmh ces trois jours que tu raccontes me font voyager et m'amènent avec vous vers ces rives où la vie plus difficile semble pourtant si vraie ...
je te parlais de fatalisme tout à l'heure mais rhhhoooo que je suis loin de cette femme que tu nous décris !! mais comme on ressent si bien ce que tu écris avec ta sensibilité qui oui , ressemble à la mienne ....
et cette petite fille, qu'elle est belle !! et tu comprendras qu'avec mon parcours pour être maman , cet enfant d'ailleurs ressemble tant dans mes rêves , au mien ... à celui qu'une femme peut-être comme
Sara me fera don à cause de sa vie , à cause de sa malchance d'être née là bas et ce même si son pays me fait rêver et moi ici !!
enfin mes mots s'embrouillent , sans doute l'émotion ... enfin , je sais que tu me comprends !!
merci de nous racconter ton récit de voyage ......
plein de bisous ..
fofie qui rêve et espère un peu plus ce soir !

R. a dit…

L'Inde permet tellement de relativiser les choses oui, sans tristesse pourtant car dans la plupart des endroits ou on est alle les gens ne sont pas tristes.
Les Hindouistes en fait sont fatalistes justement. Je cois meme que ce sont eux qui ont invente le concept!
Ce qui est clair en allant la bas, dans les grandes villes surtout, c'est qu'enormement d'enfants ont les besoins que les personnes comme toi, moi, nous peuvent leur donner. Alors sans vouloir faire notre propre remake du "Rapt du Tchad"...tiens bon, il y a toujours quelque chose a faire, toujours quelqu'un qui a plus besoin que nous et toujours LE bon moment ou tout est reuni pour.
OUh la, moi aussi je m'embrouille, pas encore bu le cafe...
Bisou!